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La bataille du
Bois des
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La bataille du
6 septembre
1944

La Libération du
27 août
1944

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Lomont
1944

J'avais 16 ans en 1944 à Villars lès Blamont


Du fond de ma mémoire, je vais essayer de vous faire revivre les événements qui se sont déroulés sur notre commune de Villars lès Blamont entre 1939 et 1944.

Dés la mobilisation de 1939 l'armée est au village, cantonnée dans les granges, l'infirmerie est dans la maison Brandelet (1 rue du Lomont), c'est une compagnie motorisée.
A chaque entrée du village (côté Suisse et côté Pierrefontaine) des chicanes sont montées pour barrer la route avec des arbres. (des pins coupés aux Trembles)
A la Villa des Roses il y a un cantonnement, et devant la maison une tranchée est creusée, un mat avec le drapeau est dressé.

Jusqu'en 1940 rien ne se passe. En juin c'est la débâcle de l'armée Française, des soldats arrivent de partout pour passer en Suisse pour ne pas être fait prisonniers. Sur la terrasse de la maison Mégnin (15 grande rue), un détachement de soldats polonais installe une mitrailleuse dirigée côté Pierrefontaine pour attendre l'ennemi. C'est alors que le Maire intervient pour faire démonter ce poste. Après une longue discussion, ce projet est abandonné.
Du côté de la douane tout s'amoncelle : voitures, chevaux, armes de toutes sortes s'entassent les unes sur les autres, parfois elles sont cassées volontairement.


Réfugiés Français nourris par les Suisses

Motocyclette de l'armée Française

- 20 juin 1940, 5 h du matin, il fait beau. Je suis devant la maison (20 rue de la charme) prêt à aller chercher les vaches à la pâture toute proche, lorsqu’un side-car avec 3 soldats à bord (des Allemands) monte en direction de la ferme Corbat (26 rue de la charme) et s'y arrête. Aussitôt, réalisant le danger, je me précipite à la grange réveiller des soldats, qui sans plus attendre quittent tout et partent en Suisse par les vergers, tandis que ceux qui dormaient à la ferme Corbat sont faits prisonniers.
A partir de ce jour, les Allemands (une centaine) s'installent au village chez l'habitant, au poste frontière. Le poste de commandement est dans la maison Epenoy (4 rue de la reverotte).
Trois soldats polonais faits prisonniers sont gardés dans le garage face à la baraque des douanes pendant 2 ou 3 jours, ils sont ensuite conduits à la Villa des Roses, où ils sont fusillés (l’Armistice avait pourtant été signé) et laissés sur place dans la tranchée creusée en 1939. Quelques jours plus tard leurs corps sont ramenés par des cultivateurs pour être enterrés au cimetière communal.
Après avoir stationné quelques temps au village, les troupes allemandes repartent et sont remplacées par une douzaine d'hommes déjà âgés qui restent pour garder la frontière, ils occupent la maison Epenoy qui sera appelée Kommandantur.


Les troupes Allemandes à la barrière de Damvant en juillet 1940.
On aperçoit une partie du barrage anti-tanks constitué par des billes de hêtres, qui a été érigé le 29 août 1939. (au début au moyen de chars, herses, troncs d'arbres)

Pendant 4 ans le village est déclaré zone interdite, il faut un laissez-passer (Ausweis) pour sortir, et une carte d'identité marquée d'un tampon spécial (grentz berecht ?) les ouvriers de Peugeot travaillant à Sochaux, Beaulieu ou Terre Blanche vont à bicyclettes. Malgré des hivers très rigoureux avec beaucoup de neige, le trajet se fait par Dannemarie. Les plus jeunes sans travail sont réquisitionnés pour travailler en forêts ou faucher les friches, car le travail est obligatoire. 4 hommes (ouvriers Peugeot) sont envoyés travailler en Allemagne, l’un d’entre eux revenu en permission n'est pas reparti et dû se cacher restant dans la clandestinité. Pour éviter le STO (Service Travail Obligatoire en Allemagne) un homme se cachera dans une cave, un autre rejoindra l'Espagne puis l'Angleterre et l'Afrique, pour ensuite faire la campagne d'Italie, de France et d'Allemagne, après 2 débarquements.
Les réquisitions sont fréquentes, elles portent sur le bétail, le bois, ainsi que le fourrage qu'il faut mettre en balles pour la livraison.
Pendant 4 ans nous avons supporté tant bien que mal cette présence, avec les privations que cela implique.


Juillet 1940 : Ravitaillement à la frontière (pain, café, chocolat, tabac)

- 6 juin 1944 : les alliers débarquent en Normandie, nous donnant l'espoir d'une future libération. En même temps nous apprenons les coups de main de la résistance dans la région, en entendant dans la nuit les explosions de destructions, mais hélas aussi le massacre du maquis d’Ecot.

- 15 août 1944, c'est le débarquement en Provence, nous savons alors notre libération toute proche.

- 18 Août, dans un ronronnement de moteurs (que nous entendons depuis le haut du village), hommes et petits matériels s'acheminent vers le Lomont. La nuit nous entendons le bruit des parachutages d'armes sur le plateau de Chamesol-Montéchéroux. Mais l'ennemi ne restera pas indifférent à tout cela connaissant l’importance stratégique du Lomont.

- 22 août, première réaction allemande, avec des blindés ils attaquent le Lomont par Pierrefontaine. La bataille fait rage autour de la Tour Carrée faisant de nombreuses victimes : l'ennemi ne passera pas.
Le soir même, les Allemands avec camions et canons venus de Pierrefontaine partent en direction du Lomont coté Villa des Roses, mais à la tombée de la nuit redescendent. Le matin du 23 ils font une nouvelle tentative, puis abandonnent se repliant sur Pierrefontaine.

- 26 août dans l'après midi, à la surprise générale, le détachement allemand qui cantonnait au village quitte Villars pour Dannemarie, provoquant dans le village un soulagement indescriptible. Aussitôt la population est en liesse, les armes sortent de leurs caches, les résistants locaux sont au grand jour, brassard au bras et se rassemblent au local des pompes (bâtiment de la Mairie). Moi-même j'apporte un fusil Lebel que j'ai tenu caché pendant 4 ans (c'est un fusil abandonné que j'avais rapporté depuis la Roche-Jella dans un grand sac qui servait à semer le grain).
Dans un même élan avec d’autres hommes, les enfants enlèvent autour du village les panneaux et tout ce qui rappelle la présence allemande, emportant tout cela sur la Côte, (à peu près où se trouve actuellement le transformateur). Ce soir là, un immense feu de joie est allumé devant la population rassemblée, et pendant que les trois cloches de l’église sonnent (Il faut dire que durant toute la guerre seulement 2 cloches étaient utilisées par crainte du vol d'une d’entre elles par les Allemands). Le lendemain à l'aube, c'est l'arrivée en masse des maquisards du Lomont qui aussitôt prennent positions autour du village et s'installent dans les granges disponibles, où chaque famille s'empresse de leur offrir tout ce qui leur est possible.

- Le 27 août après tout ces évènements et ce revirement de situation, en fin d'après midi un groupe de F.F.I. et de parachutistes partent vers Dannemarie pour attaquer le poste allemand renforcé par le détachement replié de Villars. Après un violent accrochage le poste résiste, non sans pertes.


Barrière de Damvant : Sénégalais d'une division d'infanterie coloniale et F.F.I en tenue de chasseurs alpins, échangent des cigarettes avec des douaniers Suisses (chef de poste Roserens)

C'est dans ce climat que chacun au village s'est remis à ses occupations, travaux des champs et autres. Mais nous voici le 6 septembre, par un bel après midi ensoleillé où rien ne laisse prévoir le drame qui se déroule à Pierrefontaine : la préparation de l'attaque sur Villars. Les F.F.I. prévenus en hâte par notre ami Jacques Mathiot, échappé par chance des mains des Allemands, organisent une ligne de défense tout au long des haies séparant nos villages. Certains n'avaient jamais participé aux combats. Soudain ils voient une colonne de blindés s'avancer dans leur direction, il est environ 3 h, tout est calme dans cette belle campagne ou plutôt le semble. Seul le grondement des blindés plane sur elle comme un souffle de mort. Arrivé à 150m (peut être moins) des lignes de positions, alors que l'officier allemand est debout manches retroussées dans le premier char, une détonation éclate aussitôt suivie d'un feu nourri d'armes de toutes sortes, et crachant de tous côtés à la fois, non sans ripostes puisque 6 F.F.I. trouvent la mort. Surpris et voyant toute avance inutile, l'ennemi se replie vers le cimetière de Pierrefontaine, laissant un blindé renversé et le Lieutenant Allemand tué. (Ce lieutenant fut enterré au cimetière de Villars)


Belle culbute dans le fossé

Capitaine Harnish (à droite)

Le soir le Lieutenant Sylvestre part en reconnaissance vers Pierrefontaine, il est tué sous les yeux de ses camarades.
Alors que tous s'attendaient à une autre attaque, dans le Lomont un bruit de moteur se fait entendre, c'est le premier char des troupes françaises qui arrive au village.
Soulagement total pour tous mais malgré cela, la nuit fut longue, très longue.
Ce même soir à l'église, les morts de la journée sont déposés à la sacristie, et une veillée funèbre a lieu, l'église est remplie de soldats et de gens du village venus rendre hommage aux héros du jour, car sans eux, l’on peut se demander ce qu'il serait advenu de Villars si les Allemands y étaient entrés.

- 7 Septembre, c'est l'arrivée des troupes françaises de la 1ère armée, le 3ème R.T.A., hommes et matériels remplissent le village, ce fut aussi pour Villars le premier baptême du feu, des obus fusants éclatent au-dessus du village, l’un tombe tout près de l'usine Pffaf (2 rue de la reverotte), à ce moment là je suis au centre du village où les soldats, habitués à ce genre de chose, nous font rentrer dans les maisons, tandis que certains d'ente eux se cachent sous leurs véhicules pour s'abriter. Dans la cour de notre maison il y a un camion et un canon, que les soldats s'empressent de couvrir de branches pour les camoufler.

- 8 Septembre, très tôt, toute cette armée part sur Belfort accompagnée également par des F.F.I. comme guides et éclaireurs, mais arrivée à Glay-Meslières, c'est la contre attaque allemande qui repousse cette armée jusqu'aux abords de Villars, et qui se replie en grande partie vers le Lomont. Des coups de feux éclatent de partout, la population de Villars a fuit vers la Suisse. Vers 3 h de l'après midi alors que tout est vague et indécis, un tir d'artillerie retentit, c'est l'artillerie française qui hélas tire trop court et blesse des leurs autour de la ferme Corbat. Profitant d'un semblant d'accalmie, mon père et moi tentons un retour à la maison.

Arrivés dans la cour de notre maison nous sommes pris pour cible par des tireurs. Nous nous précipitons dans la cuisine pour nous abriter. C'est alors que nous voyons le Capitaine Harnich qui redescendait des Lavennes avec quelques hommes et qui nous dit en passant “je crois qu’ils n'iront pas plus loin ”. Ceci nous montre bien que nos F.F.I. étaient toujours là.

Pour la nuit toute la population a dormi à la belle étoile, à proximité de la frontière Suisse en attente du lendemain.

- 9 Septembre, à la pointe du jour nous nous hasardons prudemment par les vergers en direction de notre maison. Les soldats Français réoccupent le village et semblent reprendre position au bois des Trembles. Ce n'est qu’au cours de la journée que nous apprenons que les Allemands sont retranchés en lisière de la forêt, et que les troupes Françaises prennent position depuis la barrière Danache en passant par les Planches Carrées, les Lavennes pour rejoindre la frontière Suisse par le Cotelot, car les Allemands occupent la plantation de la famille Hanguenot en haut du Cotey où quelques jours plus tard, ce bois sera appelé par les soldats “le bois des Russes ”, pour une raison simple : De ce bois l’on aperçoit le village, ce qui favorise les Allemands pour surveiller les mouvements de troupes, et nous envoyer des obus chaque jour avec précision. Il est donc décidé de reprendre ce bois, et sur ce qu'il en a été dit, ce sont des Russes blancs qui par surprise en longeant la Suisse depuis les bornes ont délogé les Allemands les repoussant jusqu'aux Trembles.

Depuis ce jour , jusqu'au 15 novembre le front se stabilise. Chaque jour le village est soumis à des tirs d'artillerie, qui heureusement ne font aucune victime, mis à part un blessé M. Vogele qui fut évacué sur Damvant.

- 29 Septembre, 10h. Ce dimanche il fait beau et nous sommes à la messe quand un militaire s'approche de l'abbé à l'autel, lui dit quelques mots discrètement et se retire après quelques instants. L'abbé Mouchet se retourne et annonce “ordre est donné à la population d'évacuer le village ”. Dans l'après midi, triste spectacle, hommes, femmes et enfants, avec seulement quelques bagages montent dans des camions militaires, direction Maîche. Seuls restent au village les hommes valides.

Arrivés à Maiche, ceux qui ont de la famille dans le secteur s'organisent pour les rejoindre, ce qui pour nous est le cas (nous avons de la famille sur Goumois, que nous rejoindrons à pieds). Les autres sont envoyés dans différentes directions.

Une semaine plus tard, ne supportant plus cet éloignement et sentant mon père au village, je prends la décision de rentrer à pieds depuis Goumois en passant une nuit à Chamesol. A travers le bois que je connais parfaitement, je rentre à Villars. Il est environ 11h, à peine arrivé à la maison, à la surprise générale, une salve d'obus tombe sur le village.

A cette époque, une grande partie du bétail (à part les vaches traillantes) avait été mise à l’abri dans la région d'Indevillers.

Au village la vie aux champs est impossible. Nous vivons avec les soldats, chaque jour je vais traire la vache de M. Clavequin sur la Côte. Un matin, en redescendant, j'étais à la hauteur de la Cure (rue de l’église) le long du mur, quand tout à coup un énorme bruit. Un obus tombe sur la poste (bâtiment de la mairie), un autre sur la maison de Mme Jeanne (18 place de la mairie). Je m'allonge le long du mur pour me protéger et quand tout redevient plus calme, je rentre à la maison.

Un autre jour, c'est sur notre maison. Il est environ 17 h, je suis debout dans l'entrée de la chambre. Soudain une grande lueur, c'est un obus sur la maison d’en face (à peu près 20 m). Tout le monde à plat ventre, un autre obus cette fois sur notre maison avec un grand fracas. Une fois ce moment de frayeur passé, nous nous apercevons que dans le verger, tout près de la maison 3 autres obus sont tombés.


Blindé transporteur de troupes pris aux Allemands par les F.F.I. Du 3ème Bataillon.
Appartenait à la XIème Panzerdivision, photographié devant la ferme Mathiot. Il reprend du service à titre F.F.I. en qualité de véhicule blindé de liaison.

- 1er Novembre, il fait beau. Après un office religieux très raccourci, au sortir de l'église, une épaisse fumée monte dans le ciel, c'est la maison Sire (8 rue des pommiers) qui est en feu. Tous les soldats logeant dans cette maison s'empressent de sortir de la cave les obus de mortiers qui y sont entreposés, car autour de la maison, (entre 30 et 100 m) il y a environ 10 batteries de mortiers. Le soir tout avait brûlé, sans que personne n'ait put intervenir à cause du danger d'explosion.

Suite à ces bombardements plusieurs vaches sont tuées et la viande prise pour l'armée. 7 vaches appartenant à M. Cattin sont tuées par les Allemands derrière la Grand-Combe, parce qu'elles approchaient d'un champ de mines antichars.

Un jour l’on entend venant du Lomont quelques claquements secs. On apprend par les soldats des postes avancés que c'était un char en tir tendu qui avait tiré sur “l’arbre en boule ” (route de Dannemarie), pour descendre les Allemands qui y avaient installé un poste de guet.

- 13 Novembre vers 7h. Je suis à la fromagerie (6 grande rue) quand arrivent au village venant du Lomont des soldats emmitouflés (car il neige), accompagnés de mulets. C'est un bataillon du 4 ème R.T.M. qui vient s'installer au village avant l'assaut final, cela dure toute la journée. Ils occupent toutes les granges et abris encore disponibles.
Dans notre maison nous avons la section d'éclaireurs. Les hommes couchent dans la grange, les gradés dans les chambres, et nous depuis longtemps nous couchons à la cave à cause des obus.

- 14 Novembre toujours la neige. Tous les hommes nettoient leurs armes et nous faisons connaissance. De ce que je me souviens, il y avait le Sergent Corte de Corté (Corse), le Sergent Lefèvre de St Etienne qui chantait en nettoyant son arme “salut à mon dernier matin ”, le Sergent Schwetzer de Saverne (radio).

- 15 Novembre, c'est mercredi et il neige toujours. 6h du matin dans un vacarme étourdissant, toute la crête du Lomont est rougie par les tirs d'artillerie françaises des nombreuses pièces installées de Chamesol à la Villa des Roses, et cela jusqu'à 9 h, puis plus rien. La section qui était chez nous est partie, elle a pour mission de déminer la route qui conduit à Dannemarie. Vers10h le capitaine que nous avions vu la veille nous apprend que le sergent Lefêvre a été tué et que toute la section est clouée sur place.
C'est le soir, il est 19h et il fait nuit quand la section revient ramenant leur camarade Lefêvre qu'ils n'ont put récupérer qu'à la faveur de la nuit (les Allemands lui avait déjà pris son sac).
Aussitôt le sergent Lefêvre est étendu sur notre table de cuisine et 2 hommes en armes le veillent, il a reçu une balle en plein front. Ses camarades très affectés nous expliquent comment cela s'est passé et le lieu : Il s'avançait à la tête de son groupe quand brusquement un coup de feu, il crie alors : “ en avant ! ” puis un second coup de feu. Il s'écroule et toute le groupe s'abrite en contrebas du chemin. Jusqu'au soir ils sont cloués au sol. (le radio est particulièrement visé) D'après ce récit nous avons pu retrouver l'endroit exact où a eu lieu cet accrochage, et cela grâce à une vache tuée sur place, qui servi de rempart pour récupérer le corps du sergent.
Au matin celui-ci fut emmené (je crois à Maîche), aujourd'hui il repose au cimetière de Rougemont.

Sur la frontière Suisse la 1ère compagnie n'eut pas plus de succès, ne pouvant pas contourner l'ennemi où il était appuyé, ici aussi un tué nommé Gentit, un breton de Plouzané. (sa famille est venue nous rendre visite après la guerre)

- 16 Novembre, de nouveau des tirs d'artillerie le matin. La section d'éclaireurs cantonnée chez nous ne repart pas, mais d'autres montent vers les Trembles. Les 3 chars basés au village le long de la maison et du mur Cupillard entrent en action, 1 sur la Grand-Combe, 1 sur les Travers, 1 sur les Planches-Carrées. La 3ème compagnie qui attaque par les Planches Carrées et Rosière est clouée au sol par les mitrailleuses Allemandes. Dans l'après midi l'artillerie tente de lui venir en aide, mais hélas tire trop court et nous entendons à la Radio du sergent Schwetzer un capitaine crier “arrêtez le tir vous tirez sur mes enfants ”. Vers la fin de l'après midi, des combattants épuisés redescendent du front, et nous apprenons que 2 des 3 chars ont sauté sur des mines.

- 17 Novembre, tout semble plus calme, pas de tirs d'artillerie. Mais une autre méthode est employée, celle de la surprise. C’est à l'arme blanche et au lance-flamme, que l'ennemi est délogé par les vieux baroudeurs Marocains. Plus tard, tous ces hommes la rage au ventre d'avoir été tenus en échec plusieurs jours repartent comme ils le disent vers le Rhin afin de poursuivre la libération de notre pays.

- Dimanche 19 novembre dans l'après midi, c’est par un beau soleil que nous nous hasardons vers les Trembles et constatons déjà à la vue d’un char qui avait sauté sur une mine, l'ampleur du désastre. Une forêt hachée, écrasée, dans une odeur de souffre et de phosphore encore fumant. A la hauteur du foyard Thierry un véhicule brûlé qui a sauté sur une mine, après que l’ensemble du convoi soit passé sans dommage.
7 tirailleurs Marocains tués lors des combats, en raison du danger des mines, resteront sur le champ de bataille jusqu’en février 1945 en attente que la terre soit assez gelée pour relever leurs corps. Ils seront enterrés au cimetière de Villars lès Blamont.



Texte
(juin 2000)
Joseph Poupenez

Menu servi au restaurant Cupillard à Villars lès Blamont le 10 décembre 1944 pour fêter la libération

Photographies

Collection
Theubet - Roserens