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en 1944

La bataille du
Bois des Trembles

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1944




La Libération du
27 août 1944

La bataille du
6 septembre 1944


La libération du 27 août 1944

Le 26 août 1944, à la nuit tombante, ordre est donné au 3ème bataillon d’attaquer Villars à l’aube le lendemain matin et de s’y installer.

Le 27 août, bien avant le jour, la 7ème compagnie du bataillon (compagnie de Delle) descend des pentes du Lomont vers Villars et encercle le village que l’ennemi vient de quitter. Nous le retrouvons au bois des Trembles ; légers accrochages, puis tout redevient calme. L’installation des postes de combat se poursuit en toute quiétude dans la sérénité d’un beau matin.
Les cloches du village sonnent : c’est dimanche et c’est la libération. Les drapeaux fleurissent les façades.
Les Suisses nous accueillent à la frontière où l’affluence est énorme, les blessés graves (attaque du maquis du 22 août) sont acheminés sur Porrentruy.
Premier contact de la Suisse et du maquis, et tout de suite premier geste de secours d’un pays qui n’a cessé pendant toute la durée de notre lutte sur la frontière de nous témoigner son amitié et de nous prodiguer son aide.


Texte du Capitaine Harnish, Commandant du 3ème Bataillon.

Capitaine Victor Harnish


30 Septembre 1945 : Commémoration des combats de septembre 1944. Manifestation organisée par Victor Harnish (ancien instituteur de Villars), Commandant du 3ème Bataillon du 121ème régiment d'infanterie. Une Compagnie de ce Bataillon (150 hommes) était présente.




La bataille du 6 septembre 1944

Le soir du 27 août à 20 heures, un stick de parachutistes (groupe de combat d’environ 12 hommes), renforcé par le corps francs Tito sous la conduite du Capitaine Harnish et de 2 hommes de son bataillon attaquent le poste frontière allemand de Dannemarie.
Ce poste comprenait approximativement 50 hommes armés d’armes automatiques et de mortiers. Après un combat qui dura 1 heure environ, la nuit survient sans qu’une décision importante n’intervienne. Retour à Villars lès Blamont vers minuit.

Le 28 août au matin, une patrouille envoyée aux renseignements trouve le poste de Dannemarie abandonné par les Allemands qui se sont vraisemblablement repliés sur Abbévillers. Le poste est tout ensanglanté.
Dannemarie n’est cependant pas occupé car enfoui dans son ravin, il ne présente aucun intérêt stratégique. Dès cette date, le 3ème bataillon s’installe en position défensive, soudant à la Suisse par le bois des Trembles la ligne de défense du maquis sur les pentes Nord du Lomont.

Les positions sont tenues en permanence par la moitié des effectifs, l’autre moitié étant en cantonnement dans les granges. La relève s’opère chaque soir.
Partout se poursuit l’aménagement des positions, s’édifient des ouvrages légers, mais les travaux de terrassement sont lents, le terrain se révèle rocailleux et les outils manquent.
Cependant ce secteur est à peu près au point lorsque se déclenche comme un coup de tonnerre l’attaque du 6 septembre. Le mercredi 6 septembre à 13 heures, le PC de Montécheroux signale au Capitaine commandant le 3ème bataillon la présence de chars Allemands sur la route Pont de Roide – la Crochère, en direction de Pierrefontaine les Blamont.
Deux sections de la 7ème compagnie sont immédiatement embarquées sur 2 camions, prêtes à intervenir. Les effectifs en ligne sont doublés par les éléments au repos. La 9ème compagnie et la section de Blamont renforcent le point d’appui de la route nationale entre Pierrefontaine et Villars.

Vers 14 heures, un appel téléphonique à la poste de Pierrefontaine : la réponse embarrassée de la téléphoniste nous confirme l’occupation de Pierrefontaine par le détachement Allemand.
Les 2 camions avec les 2 sections de la 7ème compagnie sont immédiatement dirigés sur le point d'appui de la route nationale. Un jeune F.F.I. échappé par miracle des mains des Allemands vient confirmer leur présence à Pierrefontaine. Vers 15 heures s’élève soudain le grondement des moteurs. Les blindés approchent. Pas un coup de fusil. Le premier blindé est à 100 mètres du point d’appui, quatre vingt mètres, soixante dix mètres ! Explosion, fumée, deux bazookas viennent de tirer (1 de la 7ème compagnie de Delle, 1 de la 8ème compagnie de Mandeure).

Blindé de la XIème PanzerdivisionLa surprise de l’ennemi est complète, son premier blindé est culbuté chenilles en l’air. Le tir des armes automatiques doit faire des ravages dans les blindés découverts transporteurs de troupe, dont l’ensemble reflue sur Pierrefontaine. Les chars Allemands stationnés vers le cimetière de Pierrefontaine commencent à tirer, canonnant nos lignes, causant des pertes : 5 tués, 7 blessés.
Peu à peu le calme revient. Alors que les F.F.I. du 3ème bataillon savourent leur victoire, les premiers éléments de la 1ère armée Française arrivent à Villars. La minute est émouvante, minute d’effusion certes, suivie du départ d’une patrouille de reconnaissance mixte (F.F.I. et soldats de l’armée d’Afrique) en direction de Pierrefontaine. Celle-ci est stoppée à hauteur du cimetière, mais surprise, une batterie d’artillerie arrivée sur le plateau de Montécheroux exécute immédiatement des tirs sur les chars Allemands, obligeant ceux-ci à suspendre leurs tirs pour s’embusquer sous les couverts des chemins.

La nuit arrive lentement. Tout le monde reste en ligne. A Villars les cloches sonnent. Une foule nombreuse se presse à l’église. Couchés côte à côte, drapés de tricolore, les pauvres brodequins dépassant des civières, les Morts reçoivent l’émouvant hommage du coin de terre que leur sacrifice a sauvé.

Texte (Août 2000)
Elaboré par les membres de l’association
“ Mémoire et Souvenir de la Résistance du Pays de Montbéliard  et du Lomont ”
anciens F.F.I. du maquis du Lomont.

Rédigé par Fernand Vurpillot ancien sergent F.F.I du maquis du Lomont.

Bibliographie
Journal de marche du
3ème R.T.A. – du 7ème R.T.A. – du 6ème R.T.M. – du R.C.C.C.

Pages d’histoire du Lomont du Capitaine Harnisch
à l’époque Commandant du 3ème bataillon F.F.I. du Lomont.

Photographies

Collection Theubet - Roserens