Sommaire Autrefois

1886-1980

Usine Epenoy-Roulot .. Pfaff .. Bainier



A Villars lès Blamont, derrière le monument aux morts, au centre du village, est implantée depuis plus d’un siècle, une petite usine.
Ignorée d’une bonne partie de la population du plateau de Blamont, cette fabrique a une longue et passionnante histoire.

En 1886, regroupant plusieurs exploitations familiales, une petite entreprise spécialisée dans l’industrie horlogère voit le jour, elle fabrique des balanciers et fournit donc du matériel à d’importantes entreprises de la région.
A cette époque, l’usine était dirigée par M. Numa Epenoy-Roulot et comptait une vingtaine d’ouvriers venant pour la plupart de Villars lès Blamont même, mais aussi de Chamesol et souvent de Suisse.
A Meslières, quelques années plus tard, M. Edouard Pfaff travaille aux établissements Sandoz-Amstutz. Peu de temps avant la première guerre mondiale, Edouard Pfaff quitte Meslières et s’associe à M. Beleney, locataire d’un petit atelier à Seloncourt. Tous deux se spécialisent dans la fabrication de fraises d’horlogerie et travaillent jusqu’à la guerre qui les sépare.
M. Edouard Pfaff reste à Seloncourt et continue à faire tourner l’usine, tout en travaillant comme contremaître aux établissements Wittmer. C’est en 1919 que M. Pfaff épouse Mlle Evodie Epenoy, fille de l’industriel de Villars lès Blamont. Il vient donc travailler dans l’entreprise familiale. Lors du décès de son mari, en novembre 1923, c’est Mme veuve Numa Epenoy-Roulot qui assure la succession, abandonnant l’horlogerie pour le décolletage et l’appareillage électrique.

Un déménagement et un bombardement

Suite à un partage des biens familiaux en 1928, la direction des ateliers est reprise par le gendre, M. Edouard Pfaff jusqu’en 1936, date où la famille Pfaff quitte Villars lès Blamont pour s’installer à Ronchamp en Haute Saône.
C’est à Ronchamp que Edouard Pfaff s’associe à Ferdinand Walser (descendant de la famille des fondateurs de la grande quincaillerie Walser à Belfort) et transforme un atelier de filature et de tissage en un grand atelier de décolletage, étirage de l’acier et fabrication d’écrous. C’est là que naît la société SOMERA dans la région du Rahin. En 1944, les ateliers de la SOMERA sont détruits par les obus allemands, le matériel est hors d’usage. Les locaux sont rachetés par les établissements MURA qui réinstallent les ateliers de tissage et filature du coton.

En 1946, la famille Pfaff revient à Villars lès Blamont, Edouard Pfaff et ses deux fils s’associent pour créer une nouvelle société, achetant des machines à décolleter et engagent une dizaine d’ouvriers.
L’usine prend un nouvel essor et travaille à nouveau pour de grandes maisons comme Berliet, Peugeot cycles et autos.
En 1955, M. Edouard Pfaff décède et c’est à ses deux fils qu’est confiée la prospérité de l’usine. Jusqu’en 1968, les établissements Pfaff et fils à Villars lès Blamont forment une entreprise de moyenne importance. C’est à cette date que les ennuis commencent, la concurrence est importante et les prix ne sont plus compétitifs. Le coût du transport de la matière première depuis la gare marchande d'Audincourt à l’atelier de Villars lès Blamont devient de plus en plus onéreux. C’est là que les établissements Pfaff et fils décident de cesser toute activité. M. Etienne et Edouard Pfaff, propriétaires de l’usine, partent travailler jusqu’à l’heure de la retraite aux automobiles Peugeot à Sochaux.
Mais l’usine continue à vivre, puisqu’en 1970, M. Bainier d’Hérimoncourt achète le fond et s’y installe. Il travaille pour les automobiles Peugeot principalement et s’est spécialisé dans la mécano-soudure. L’activité ne cessa qu’au début des années 80.

Cette fabrique fût la première maison de Villars lès Blamont à bénéficier d’une installation électrique au début du vingtième siècle, avant cela elle était alimentée en électricité par un système élaboré par les dirigeants de la société Epenoy-Roulot, et qui fonctionnait à l’aide d’un moteur à pétrole. Elle a longtemps joué un rôle important au sein du village et de la région.

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