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Histoire Religieuse



Avant 1541, Villars formait une paroisse. Le village avait un prêtre, dépendant du prieuré de Lanthenans et une église construite au XIVème siècle sous le vocable de Saint Mammès. (Ce saint, jeune cappadocien mort martyr sous Aurélien vers l’an 274, donna son nom à l’église de Langres où ses reliques avaient été apportées d’Orient en ce lieu. Comment le culte de saint Mammès a t-il pu se répandre de Langres à Villars ? )

La réforme y fut prêchée et installée dès 1541, une paroisse fut créée à Villers, sa filiale était à Glay. Le premier prédicant fut Jean Courtois. Mais le catholicisme fut rétabli en 1549 par l’intérim de Charles-Quint et un curé fut à nouveau nommé à Villars, résidant à Saint-Hippolyte, il délégua un vicaire.

L’intérim cessa en 1552 et un nouveau pasteur fut installé au village : Claude Desmaretz et la paroisse reconstituée comme en 1541. Tous les habitants devinrent protestants. Après le passage des Guises catholiques qui détruirent une grande partie du village dont le presbytère, celui-ci ne fut pas reconstruit et l’on déplaça le pasteur à Glay. Villars devint donc filiale de Glay jusqu’en 1846. Les colons suisses installés au village de 1645 au XVIIIème siècle étaient aussi d’origine réformée. C’est l’annexion française de 1699-1700 qui amena les premiers catholiques dans le village.

En 1746, le pasteur de Glay Charles-Christophe Duvernoy mourut, on appliqua le décret royal de son remplacement par un curé. Un curé fut nommé à Glay et le curé du territoire étranger de Damvant fut chargé de la desserte de l’église de Villars. D’un seul coup les paroissiens de Villars perdirent leur pasteur, l’utilisation du temple transformé en église, celle du cimetière et leur maître d’école.

En 1748, il fut impossible, malgré la convention signée entre le roi et le duc de Wurtemberg de réinstaller un pasteur. Le recensement fait par le pasteur Méquillet, le 28 septembre 1748, montrait que 2 ans après le coup de force, le village pour 46 feux luthériens en avait déjà 14 de catholiques. Parmi ceux-ci, il y eut des « nouveaux convertis » qui, par récompense, furent affranchis de certains impôts, la communauté protesta, en vain. Les autres, selon le pasteur, étaient « la plupart gens ramassés sans établissement, vagabonds n’ayant rien à perdre ou à gagner ». Une zizanie profonde s’installa dans le village entre les deux communautés qui opposaient 180 luthériens, à 91 catholiques dès 1750. En 1780, Villars fut érigé en paroisse catholique avec un curé desservant, un presbytère lui fut construit avec des fonds de la commune. De 1746 à la Révolution, les luthériens de Villars durent se rendre au temple de Pierrefontaine-lès-Blamont, même pour les inhumations. Le climat, en 1789, était devenu explosif, à tel point que les luthériens refusèrent de faire un « cahier de doléances » avec les catholiques du village…Il en eut donc deux (19 et 20 mars 1789). Les catholiques représentaient 41 feux et les protestants 46 avec une courte majorité.

D’après la loi des 8 et 18 septembre 1790, les protestants de Villars auraient dû recouvrer l’entière possession de leur église. Il n’en fut rien. En 1792, ils durent consentir à un partage du sanctuaire, selon le régime du simultaneum. Ce système prévalut lors de la réorganisation des églises de 1803 à 1804. Les deux cultes furent célébrés dans la seule et même église, toutefois, le chœur resta interdit aux protestants, réservé aux catholiques, et l’on érigea une nouvelle chaire. Villars conserva son chef-lieu de paroisse catholique, le nombre des fidèles s’était accru, et l’empereur reconnut que Villars était filiale de la paroisse luthérienne de Glay, du consistoire de Blamont avec simultaneum dans l’église-temple.

En 1831, il y avait alors 163 catholiques et 304 protestants à Villars et les luthériens furent en 1846 rattachés à Pierrefontaine érigé en paroisse. Le temple église était en mauvais état, le cardinal Mathieu en 1851 fit édifier alors une église catholique à Villars à ses frais et avec l’aide du gouvernement. La vieille église resta cependant simultanée avec ses deux chaires face à face, au milieu du vieux cimetière, les catholiques continuant à l’utiliser pour les vêpres et les catéchismes. Un incident qui aurait pu être tragique fit en 1874 évoluer la question. La chaire des protestants s’effondra sous le poids du pasteur Goguel ! Par miracle, elle fut retenue par un banc ! Cet incident fit germer l’idée de la construction d’un autre temple à Villars. Le projet fut alors mis en forme par une souscription à Villars, dans le Pays de Montbéliard, en Suisse et même en Saxe et avec une subvention du gouvernement, dès 1875, on put édifier le nouveau temple. La vieille église était si vétuste qu’on dut la démolir dès 1876. On fit le culte dans l’école protestante et la dédicace du temple eut lieu le 24 mai 1877. Villars avait désormais deux églises.

L'Eglise et le PresbytèreLe Temple

Dans la nuit du 14 septembre 1945, l’église catholique prenait feu. La toiture, le clocher furent complètement détruits, les trois cloches réduites en une masse informe, les voûtes de la nef démolies. Le curé en exercice était l’abbé Mouchet, homme énergique, aumônier militaire des « diables rouges » du 15-2. Ceux-ci, entre autres, se mobilisèrent pour aider leur prêtre et l’église fut reconstruite en quelques années. Avec le métal récupéré, on fondit deux cloches nouvelles. La plus petite, 244 kg, est dédiée à Saint-Mammès, patron de la paroisse, et se nomme Gabriel-Joseph-Virginie. La plus grosse, 484 kg, est dédiée à la Vierge Marie et se nomme Marie-Madeleine-Jacqueline. Un vitrail de l’église rénovée représente, presque en son centre, le visage de l’abbé Mouchet (qui décédera en 1967). Cette œuvre a été offerte par les anciens du 15-2.



Souvenir de l'inauguration de l'église le 27 juillet 1952 par son Excellence Monseigneur Dubourg Archevêque de Besançon et de la bénédiction de deux cloches.







Première cloche
Marie-Madeleine, Jacqueline
Parrain : M Charpin de Paris (15-2)
Marraine : Mme Jacqueline Belliard de Paris (15-2)

Deuxième cloche
Gabriel, Joseph, Virginie
Parrain : M le Chanoine Cuenin
(Curé de Damvant)
Marraine : Mme Joseph Virginie Brandelet




Dans la nef, au pied du clocher, on peut remarquer un tableau profane. C’est l’œuvre d’un peintre amateur, M J Nardino. Elle remémore la résistance des FFI lors de la contre attaque allemande du 6 septembre 1944.









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