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La culture



On cultivait les terres suivant le cycle des trois sols :

1ère année : blé d’automne, 2ème année : seigle ou orge de printemps ou avoine, 3ème année : pommes de terre ou trèfle rouge. Le territoire cultivé était très morcelé, on comptait jusqu’en 1900 plus de 2000 parcelles, y compris celles de foin.

Dans les jardins potagers, on trouvait les choux à choucroute, les haricots, pois, fèves, oignons, poireaux, échalotes, etc.… et des fruits : groseilles, cassis, framboise, fraises.

Le chanvre, le lin, très employés pour les habits, la literie, très communs en 1860 ont complètement disparu.


Aux Grands Champs


Evolution de la culture :


Du jour où nos ancêtres n’eurent plus à payer les dîmes et les redevances de la terre, du jour où ils furent maîtres de leur terre, de leurs champs, de leurs récoltes, vieux et jeunes, femmes et enfants, qui avaient vécu si misérablement sous la domination des seigneurs, s’adonnèrent de tout cœur à la culture. C’était la seule occupation qui pouvait donner aux familles nombreuses les choses nécessaires de l’existence. Ces familles n’avaient jamais assez de terre à fouiller et à retourner. Ne se contentant pas de leur propres fonds, elles amodièrent, c’est à dire louèrent à la commune des parts de parcours communaux. Après les récoltes, elles étaient heureuses de pouvoir compter tant de sacs de froment, de gerbes, tant de laine qui permettait de voir venir les longs et froids hivers. Ces récoltes abondantes laissaient un petit pécule pour l’achat d’un champ, toujours acheté moitié à crédit. Celui-ci faisait redoubler d’activité les années suivantes parce que la dette passait avant les satisfactions personnelles.

Petit à petit, les familles travailleuses, ne craignant pas la fatigue ni les durs travaux des champs, ont acquit un petit patrimoine pour les enfants. Les bras ne manquaient pas, le pauvre prêtait ses bras aux riches, le riche prêtait au pauvre son attelage.

Ce n’est que vers 1840 que les cultivateurs abandonnèrent la routine de la petite culture qui donnait des récoltes médiocres. Le bétail qui aurait du fournir le fumier pour les cultures passait toute la bonne saison sur les parcours et les jachères. Les terres cultivées ne recevaient donc pas de fumier.

Quelques cultivateurs réduisirent leurs semailles et créèrent des prairies artificielles de trèfles et de sainfoin. L’exemple donné fut suivi lentement mais avantageusement. Ces plantes fourragères donnant de bons rendements et de qualité nutritive supérieure, les animaux mieux nourris furent tenus à l’écurie où la quantité de fumier augmenta. Celui-ci répandu sur les terres y favorisa des récoltes supérieures. Le rendement qui était en 1790 de 5 à 6 pour 1, passa en 1840 à 7, 8, ou 9 pour 1.

Les engrais artificiels chimiques firent leur apparition vers 1890. Les résultats obtenus par leur emploi par Kohler Jean, un pionnier furent excellents. Mais vu leurs prix assez élevés, l’emploi des engrais ne se répandit que très lentement. La marne, tirée des marnières, a été employée sur les près pauvres et secs et donna de bons résultats. Le fourrage était excellent, abondant, et la production de bonne durée.

En 1846, les 577 habitants avaient alors 244 ha en terres labourables, 132 en prés, 101 en pâturages et parcours et 110 en forêts. Les 170 propriétaires se partageaient 2429 parcelles cadastrées depuis 1836.

La vie rurale de Villars s’orienta vite vers l’élevage des bovins, pour le lait et la boucherie. En 1858, le troupeau avait déjà plus de 200 têtes (dont 135 vaches, 50 veaux et 21 bœufs). On faisait du fromage dans la fruitière-fromagerie (5000 kg en 1856), on vendait les animaux dans les foires. Le troupeau se modifia avec 80 chevaux en 1881 et seulement une centaine de bovins, mais avec aussi 140 porcs. En 1909, les terres labourables avaient régressé à 190 ha et les surfaces herbagères étaient passées à 135 ha de prés, 125 de pâturages et 11 de prairies artificielles. Le troupeau était de 61 chevaux, 160 bovins, 77 porcs et environ 40 caprins et ovins. La fromagerie qui avait en 1856 33 associés, produisait des fromages envoyés jusqu’à Besançon. Elle rapportait en moyenne 150 Frs par an à chaque participant. Elle continua à fonctionner avec des hauts et des bas, elle travaillait en 1929, 509.000 litres de lait par an pour faire de l’emmenthal.

En 1972, on procédait au remembrement, opération nécessaire pour réduire le nombre de parcelles.

En 1980, le troupeau s’élevait à 300 bovins dont 154 vaches laitières, 20 porcs et 41 moutons.

Fin mars 1989, la fromagerie ferma ses portes. Elle remontait à 1846, mais dès 1840 on recensait déjà dans la population, outre 7 couturières, 3 cordonniers, 3 choucroutiers, 2 cabaretiers et 1 boulanger, un total de 4 fromagers.



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